A la suite d'une décision de Bruxelles, Microsoft propose depuis aujourd’hui aux utilisateurs européens (et marocains également puisque presque tous les ordinateurs domestiques vendus au Maroc sont configurés « France ») de Windows de choisir leur navigateur web, effaçant le choix d'Internet Explorer par défaut.
C'en est fini de se voir imposer par défaut le navigateur Internet Explorer. La Commission européenne, qui voyait dans le fait de lier systématiquement son système d'exploitation et son navigateur, un abus de position dominante de la part de Microsoft, a imposé à ce dernier en décembre 2009, et pour cinq ans, la mise en place d'un système de choix du navigateur. En test depuis deux semaines en France, en Belgique et au Royaume-Uni, il est généralisé depuis le 1er mars.
Concrètement, Bruxelles a validé un écran de sélection (voir la capture d’écran) qui permet à l'utilisateur de choisir librement un ou plusieurs navigateurs web parmi les 12 navigateurs les plus populaires. Pour ceux dont Internet Explorer est le navigateur par défaut, l'écran de sélection apparaît automatiquement via Windows Update (outil de mises à jour de Windows), pour les versions de Windows 7, Vista et XP. Si l'installation automatique des mises à jour n'est pas activée, une mise à jour comportant l'écran de sélection est proposée.
Le processus de sélection des navigateurs, expliqué par Microsoft dans une note, présente les navigateurs en ordre aléatoire, accompagnés des informations fournies par les concepteurs, qui doivent aider le consommateur à faire son choix. Si l’utilisateur fait un autre choix que Explorer, celui-ci sera automatiquement supprimé des raccourcis de la barre d'outils… mais une icône d'accès à l'écran de sélection s'affiche en permanence sur le bureau.
Nous écrivons tout cela au présent mais force est de constater que pour l’instant, du moins ici au Maroc, Explorer tient toujours seul le haut le pavé
Feu sur Explorer
Chaque utilisateur est bien entendu libre de choisir son navigateur, même si souvent, les critères de choix se résument à l'ergonomie, au respect des standards, à la rapidité, et aux plug-in proposés. Le directeur général de Mozilla, l'éditeur de Firefox, dans une lettre ouverte abjure les Internautes : "C'est un choix important car le navigateur web est devenu l'un des éléments les plus critiques et dans lequel nous plaçons le plus notre confiance, dans nos vies modernes. Il sait quasiment parfaitement tout ce que nous faisons. Le navigateur que vous choisissez est chargé de vous fournir les outils nécessaires pour gérer votre vie online, et pour protéger votre vie privée et votre sécurité."
Bien sûr personne ne parle gros sous, ni bannière de pub… Et une fois n’est pas coutume, Apple et Google – s’ils saluent la décision de Bruxelles au nom de la saine et libre concurrence - ne sont pas si innocents non plus. On oublie trop vite que Apple, équipe tous ses Mac du navigateur Safari par défaut.
Quant à Google, dont le navigateur Chrome, lancé en 2008, est déjà monté à 5% de parts de marché dans le monde, il tente à grands coup de campagnes publicitaires, d’attirer l’Internaute mais aussi en utilisant la force de frappe de son moteur de recherche. Moteur qui détient près de 90% de part de marché au Maghreb... Chrome sera également installé sur les ordinateurs pré-équipés de Chrome OS, son futur système d'exploitation. Avoir choisi le même nom pour les deux produits n'est certainement pas un hasard. Quant à repérer ce qui différencie le système d'exploitation du navigateur, il faudra bientôt une formation spécialisée…