Le Tangerois E-Magazine du Nord du Maroc - Actualité: Tanger – Tétouan - Chefchaouen - Maroc

28/07/2014
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Sun

Le caftan

Présentation du caftan :

caftan1.jpgLe caftan (alqaftane en marocain) fait parti du patrimoine vestimentaire au Maroc.

Il constitue la pièce maitresse  de la garde robe de la femme marocaine. Il peut être aussi bien porté par la gent masculine que féminine.

 

C’est un long vêtement ample, droit, à manches longues ou mi-longues, sans col ni capuche, ouvert sur toute la  longueur en son milieu et souvent richement brodé.

 

Ce costume se serait inspiré des drapés gallo-romains, puis a connu diverses transformations au fil du temps ; chaque peuple lui a donné une touche personnelle au niveau : coupe, couleur, broderie … (caftan perse, mongol, slave, andalou…)

 

A l’origine, seuls les sultans et leurs épouses avait le privilège de porter cet habit onéreux (en raison de nombreux mois de travail et une surface importante de tissus nécessaire à sa conception).

 

L’usage des caftans a été répandu  par les caravanes commerciales parcourant le monde arabo-musulman et par la Mecque, ville d’échanges de marchandises entre l’Asie, l’Orient, l’Afrique et l’Europe. 

 

Ce sont les andalous installés au Maroc entre le XII et le XVIème siècle qui renforcent le port du caftan dans le pays.

 

Au XIXème siècle, le caftan suit les changements de la mode : coupé dans du velours, de la soie, du brocart, il est somptueusement brodé avec des fils d’or, d’argent ou de soie.

 

Depuis quelques années ce vêtement a beaucoup évolué, il n’est plus fait pour masquer le corps.  Il cherche à valoriser la féminité, il allie tradition et modernisme ; les décolletés, les superpositions, les transparences, les matières fluides… font partis de ce sublime vêtement. La broderie fine, travaillée s’inspire de la tradition marocaine.

 

Le caftan inspire la créativité des artistes stylistes et la haute couture (Salima Abdel Wahab, Yves Saint Laurent, …).  De ce fait le caftan est aujourd’hui exporté partout dans le monde.

caftan2.jpgHistoire du caftan, par Rachida Alaoui

D’origine persane, le caftan (prononcer "caftane") est une tunique longue et large, sans col, à manches longues, composée de plusieurs lés, qui lui donnent plus ou moins d’ampleur. Il est porté aussi bien par les hommes que par les femmes. Entièrement ouvert sur le devant, il est garni d’une ganse de soie tressée (sfifa), fermé d’une rangée de boutons (âakad) et de ses brides (âayoun). Ce caftan est appelé aïn ou ouqda («œil» ou «boutons»). Ses broderies sont de soie d’or ou d’argent, de pierreries ou de passementerie. Elles ornent le plastron, les épaules et le bas des manches.

Les premiers textes marocains mentionnant le caftan datent du XVIe siècle. Déjà porté par les Parthes et les Perses, le caftan aurait été introduit dans l'Orient musulman sous les Abbassides. L'émir Abd al Rahman II (822-852) – petit-fils de Abd al Rahman Ier, qui gagna l'Andalousie où il constitua un émirat indépendant au IXe siècle –, épris de culture, accueillit l'artiste Zyriab, venu de Bagdad. Ce dernier fit découvrir aux Andalous le raffinement de l'Orient musulman ainsi que les modes musicaux, les arts culinaire et vestimentaire. Il leur montra ce qu'il fallait porter en fonction des saisons : du blanc et des toiles légères l'été, des habits doublés et foncés l'hiver.

 

 Au début du XIIe siècle, l'Andalousie – gouvernée par les dynasties berbères – affirme une sensibilité artistique propre, de nouveaux goûts et de nouvelles aspirations qui permettent à son art et à son artisanat de rayonner dans toute la Méditerranée. Son influence s'exerce de façon continue dans les villes marocaines dites hadaria («citadines») : Fès, Rabat, Salé et Tétouan . En 1492, la reconquête chrétienne s'achève par la prise de Grenade, dernier royaume musulman resté aux mains des sultans nasrides (1238-1492). Malgré leurs promesses, les rois catholiques ordonnent l'expulsion des musulmans et des juifs. Aux XVIe et XVIIe siècles, des flots d'exilés arrivent ainsi au Maroc. Ils feront connaître aux villes du Nord les dernières techniques de tissage de la soie et achèveront de propager leurs modes vestimentaires.