D’origine persane, le caftan (prononcer "caftane")
est une tunique longue et large, sans col, à manches longues, composée de
plusieurs lés, qui lui donnent plus ou moins d’ampleur. Il est porté aussi bien
par les hommes que par les femmes. Entièrement ouvert sur le devant, il est
garni d’une ganse de soie tressée (sfifa), fermé d’une rangée de boutons
(âakad) et de ses brides (âayoun). Ce caftan est appelé aïn
ou ouqda («œil» ou «boutons»). Ses broderies sont de soie d’or ou
d’argent, de pierreries ou de passementerie. Elles ornent le plastron, les
épaules et le bas des manches.
Les premiers textes marocains mentionnant le caftan datent
du XVIe siècle. Déjà porté par les Parthes et les Perses, le caftan aurait été
introduit dans l'Orient musulman sous les Abbassides. L'émir Abd al Rahman II
(822-852) – petit-fils de Abd al Rahman Ier, qui gagna l'Andalousie où il
constitua un émirat indépendant au IXe siècle –, épris de culture, accueillit
l'artiste Zyriab, venu de Bagdad. Ce dernier fit découvrir aux Andalous le
raffinement de l'Orient musulman ainsi que les modes musicaux, les arts
culinaire et vestimentaire. Il leur montra ce qu'il fallait porter en fonction
des saisons : du blanc et des toiles légères l'été, des habits doublés et
foncés l'hiver.
Au début du XIIe siècle, l'Andalousie – gouvernée par les
dynasties berbères – affirme une sensibilité artistique propre, de nouveaux
goûts et de nouvelles aspirations qui permettent à son art et à son artisanat
de rayonner dans toute la
Méditerranée. Son influence s'exerce de façon continue dans
les villes marocaines dites hadaria («citadines») : Fès, Rabat, Salé et Tétouan
. En 1492, la reconquête chrétienne s'achève par la prise de Grenade, dernier
royaume musulman resté aux mains des sultans nasrides (1238-1492). Malgré leurs
promesses, les rois catholiques ordonnent l'expulsion des musulmans et des
juifs. Aux XVIe et XVIIe siècles, des flots d'exilés arrivent ainsi au Maroc.
Ils feront connaître aux villes du Nord les dernières techniques
de tissage de la soie et achèveront de propager leurs modes vestimentaires.