Tanger/Investissements
Nouveau port au centre, marina, téléphériques, TGV…
Projets structurants, modernisation de la ville… Tanger entre dans le futur
La ville méconnaissable dès 2016
Dès son entrée en service en 2016, le futur port deviendra un centre
urbain et d’attraction à part entière. A moyen terme, il prévoit la mise
en place d’une importante capacité d’hébergement avec plusieurs hôtels
pour un total de 1.600 lits. Cet équipement sera complété par un palais
des congrès d’une capacité de 1.500 places, fruit de la reconversion des
anciennes halles aux céréales, et un musée sur une superficie de 15.000
m2
FAIRE entrer Tanger dans le futur, une mission à plus de 26 milliards de
DH. Téléphériques, fast-ferrys et TGV… A partir de 2016, la ville
internationale devrait être totalement méconnaissable grâce aux
mégaprojets actuellement en cours. Et c’est le projet de reconversion du
port historique de la cité, Tanger-ville, qui promet d’être le plus…
enchanteur.
En fait, ce vieux rêve traîne depuis le lancement du projet du port Tanger Med en 2002. Mais ce n’est qu’en février 2010 qu’il a commencé à prendre
forme avec la mise en place de la Société d’aménagement pour la
reconversion de la zone portuaire de Tanger, (SAPT).
Aujourd’hui, les travaux de reconversion du port historique sont déjà en
cours. Ils ont démarré en mars dernier avec une première tranche de
réalisation du port de plaisance. Une deuxième tranche concernant le
nouveau port de pêche devrait être attribuée prochainement, après un
premier appel d’offres infructueux. Dès son entrée en service en 2016,
le futur port deviendra un centre urbain et d’attraction à part entière.
En effet, en plus du port de pêche qui sera localisé à l’ouest de
l’actuel port, Tanger-ville dans sa nouvelle robe entend aussi
moderniser l’activité de transport de voyageurs. La gare maritime sera
remise à niveau et modernisée avec trois postes à quai dédiés pour les
fast-ferrys dont les travaux devraient être lancés dès cet automne.
En matière d’équipements terrestres, le projet ne démérite pas. A moyen
terme, il prévoit la mise en place d’une importante capacité
d’hébergement avec plusieurs hôtels pour un total de 1.600 lits. Cet
équipement sera complété par un palais des congrès d’une capacité de
1.500 places, fruit de la reconversion des anciennes halles aux
céréales, et un musée sur une superficie de 15.000 m2.
De plus, le projet dédiera 30 hectares de superficie aux espaces publics
dont plusieurs places publiques destinées à accueillir des activités à
caractère culturel, associatif ou festif.
Il est également prévu l’aménagement et la construction de zones de
commerce et d’animation, sur une superficie de 42.000 m2, dont un grand
centre commercial sur une superficie de 15.000 m2.
Le projet comprend, de surcroît, l’aménagement et la construction
d’espaces résidentiels et de plateaux bureaux sur environ 130.000 mètres
carrés.
En outre, la mise en place d’un système de téléphériques assurera une
connexion directe entre le centre-ville (place Faro), la marina, le
nouveau port de pêche et la kasbah. Cet investissement serait le premier
du genre à être installé au Maroc, de quoi ravir les visiteurs de la
ville. L’investissement est à la hauteur du projet. Lors de son annonce,
il était prévu d’investir 6,2 milliards de DH pour le réaménagement de
cette infrastructure portuaire. L’essentiel de l’investissements sera
mené par la Sapt. La société est dotée d’un capital de 600 millions de
DH. Il sera reparti entre l’Etat avec 225 millions de DH, le Fonds
Hassan II pour le même montant. 50 millions de DH seront injectés au
titre de la participation de l’ANP et 25 millions de DH par l’Agence du
Nord.
Pour compléter le tour de table, le conseil de la ville de Tanger devra
participer pour 75 millions de DH sur la base d’une bourse de la part du
ministère de l’Intérieur.
La révolution ferroviaire
UN autre mégaprojet qui devra atteindre Tanger en 2016 est le Train à
grande vitesse, TGV. C’est en décembre 2015 que la phase de tests
devrait se terminer et que les premiers voyages commerciaux seront
lancés. Le TGV devrait révolutionner le voyage ferroviaire au Maroc en
permettant de connecter Tanger à Casablanca en deux heures 10 minutes.
Ce projet devra offrir une réponse de qualité internationale à la
demande croissante de trafic entre Tanger et Casablanca qui a connu une
progression de 70% entre 2002 et 2009. Selon les estimations de l’ONCF,
plus de 6 millions d’usagers devront l’emprunter dès sa première année
de service. Le projet, doté d’un investissement conséquent de plus de 20
milliards de DH, devrait aussi accompagner le développement économique
de la région et libérer la capacité de transport sur les lignes
actuelles pour répondre à la demande en fret ferroviaire engendrée par
le port Tanger
Med. A noter que le budget nécessaire à la réalisation de ce projet a
déjà été mobilisé. Plusieurs conventions de financement ont été signées
en décembre dernier à Tanger . De même, les premières commandes de
matériel roulant ont été signées avec le français Alstom pour un montant
de 4,4 milliards de DH.
Comment Renault va transformer le Nord
Une ville verte d’une superficie de 770 ha, spécialement conçue pour
accueillir les salariés et cadres expatriés de Renault, verra bientôt le
jour à quelques encablures du site tangérois
Renault à eu l’effet d’une baguette magique sur toute la région du nord.
Au-delà des chiffres, le projet de Renault à Melloussa constitue un
réel catalyseur de l’économie locale. D’abord au niveau industriel. Les
multiples fournisseurs du constructeur ont pratiquement tous choisi de
s’installer au Maroc pour une plus grande efficacité. C’est le cas de
plusieurs entreprises dont Snop Dunois, spécialisée dans l’emboutissage
des petites pièces métalliques, qui s’est installée à la TFZ, ou encore
Visteon, équipementier américain, qui est en cours d’installation à
Tétouan. La manne que supposent les deux chaînes de montage de véhicules
de Renault et les 400.000 véhicules à terme qu’elle a l’intention de
monter au Maroc a aussi aiguisé les appétits de nombreux équipementiers
comme Yazaki et Coficab qui se sont implantés in situ. Des
investissements allant dans le droit fil de l’objectif de Renault qui
est d’atteindre un taux d’intégration locale à terme de 50%. Cet
engouement joue un rôle extrêmement important au niveau de l’emploi,
ravivant l’espoir chez les nombreux jeunes de la région et même
d’ailleurs. A terme, le nombre de postes à pourvoir chez le constructeur
français est de 6.000 emplois directs et plus de 30.000 emplois
supplémentaires indirects. Ceci induisant cela, l’arrivée de cadres
expatriés de Renault a permis de booster le marché de la location
meublée. En attendant la mise en place de la ville verte de Chrafate
(770 ha), située à quelques encablures du site industriel de Renault et
qui devrait loger l’essentiel des salariés de cette usine ainsi qu’une
bonne partie de ses cadres (cf.leconomiste.com), ce mégaprojet
industriel et l’ambition de l’Etat de faire de cette région une
plateforme logistique méditerranéenne ont totalement transformé la ville
blanche. Le projet de port de transbordement en eaux profondes Tanger Med propulse la ville et par conséquent le Maroc au rang de port de
choix à l’entrée de l’Europe damant le pion à des concurrents comme
Sebta et Algésiras. Le modèle de développement tangérois est tiré par
les infrastructures. Quelle que soit l’importance de la mer, elle ne
fait pas d’ombre aux autres projets. Autouroute, TGV, nouvelles
infrastructures investissements touristiques… (voir pages suivantes).
Tanger sort de sa chrysalide et promet de devenir une destination
touristique, balnéaire… très prometteuse.
Les chantiers avancent à grande vitesse
La ville blanche construit «intelligemment». De nombreuses places seront
restaurées, d’autres nouvellement créées pour entretenir ce mode de vie
à l’andalouse, avec l’inévitable paséo (promenade) en fin de soirée. A Tanger, les investissements foisonnent et le rythme des
transformations se poursuit à une belle cadence. Comme nous vous en
informions tout récemment dans nos colonnes, le groupe espagnol
Inveravante vient en effet d’annoncer la livraison du Tanger City Center
en 2013. Ce complexe multifonctionnel, situé à proximité de la nouvelle
gare ferroviaire, a nécessité un investissement de pas moins de 2
milliards de DH et permettra la création de plus de 5.000 emplois
directs. Un nouveau visage pour la corniche tangéroise qui accueillera
ainsi deux hôtels de 4 et 5 étoiles, 800 appartements, un ensemble
professionnel avec des plateaux de bureaux de différentes superficies
ainsi qu’un centre commercial et de loisirs. La première tranche, ainsi
que le souligne le promoteur, sera achevée dès fin 2012.
Cet investissement vient grossir le rang des 50 milliards de DH déjà
investis dans la ville blanche rien que pour l’année 2010. Un montant
principalement injecté dans les infrastructures portuaire, ferroviaire
et autoroutière, qui devront faire de la région un pôle encore plus
accessible.
Premier en volume d’investissements mais aussi en importance, le projet
de reconversion du port de Tanger-ville. Présenté en décembre 2009, ce
mégaprojet, qui totalise un budget de 6,2 milliards de DH, a pour
ambition de métamorphoser complètement le port historique de Tanger et
d’en faire un des plus modernes du Royaume (voir article pages 5 et 6).
Du côté touristique, la moisson est tout aussi fructueuse, avec un
budget avoisinant 1,5 milliard de DH d’investissements concernant
quasiment toute la région du nord. L’un des projets profitera aux belles
plages encore vierges de Oued Laou. C’est dans cet endroit peu
fréquenté par les estivants que la société Playa Vista Primera compte
mettre en place une marina et des unités résidentielles pour un
investissement global de l’ordre de 790 millions de DH. La capacité
touristique globale de ce projet est de 800 lits. A Larache, la société
Siyaha 12, filiale du fonds d’investissement ‘Actif Invest’ compte
entreprendre la réalisation d’une unité hôtelière dans la nouvelle
station touristique de Lixus, d’une capacité de 250 lits pour un
investissement de l’ordre de 254 millions de DH. Et bien évidemment, le
tourisme c’est d’abord Tanger au sein de laquelle l’enseigne Ramada a
élu domicile pour la construction d’un établissement hôtelier de 3
étoiles. Entamés en 2010, les travaux, menés par la société Pearl One,
filiale du groupe koweitien Taamer, vont bon train dans le cadre d’un
investissement de 200 millions de DH.
Attirer des touristes, c’est bien, mais leur offrir une animation
culturelle ou autre, c’est aussi les charmer et les faire revenir. La
ville blanche a, dans cet esprit, entrepris de réhabiliter le palais
Tazi. Un projet dont est chargée la société de droit marocain ‘Merqab’,
dont le capital est détenu par des investisseurs qataris. Ce dernier
devrait générer 200 emplois stables pour un investissement total de 450
millions de DH. Le palais se trouve en bordure d’un immense jardin de
près de 3 hectares et demi.
Relevé dans leconomiste.com
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